Avec l’arrivée massive des réseaux 5G, une question revient souvent chez les utilisateurs de smartphones : cette nouvelle génération mobile épuise-t-elle plus vite la batterie ? Si la 5G promet des vitesses spectaculaires, son efficacité énergétique reste au cœur des débats. Les tests montrent que la réalité dépend autant du matériel que des conditions d’utilisation.
La 5G utilise une architecture réseau plus complexe que la 4G. Elle nécessite la communication avec plusieurs antennes et bandes de fréquence, ce qui demande plus de calculs et d’énergie à l’appareil.
Lorsqu’un smartphone cherche le meilleur signal 5G, il active plusieurs modules radios simultanément, notamment lorsqu’il bascule entre les zones 4G et 5G. Cette recherche constante de réseau augmente la consommation électrique.
De plus, les premiers modems 5G, sortis entre 2019 et 2021, étaient nettement moins efficaces sur le plan énergétique. Ils chauffaient plus vite et consommaient jusqu’à 20 % d’énergie supplémentaire par rapport aux puces 4G, selon une étude d’AnandTech.
Heureusement, les générations suivantes de processeurs Snapdragon et MediaTek ont amélioré cette gestion énergétique grâce à des gravures plus fines (4 à 6 nm).
Des tests comparatifs réalisés par Tom’s Guide et GSMArena montrent qu’un smartphone peut perdre entre 10 et 25 % d’autonomie lorsqu’il reste connecté en 5G au lieu de la 4G.
Exemple concret : sur un Samsung Galaxy S23, la navigation web en 5G tient environ 11 heures, contre 13 heures en 4G.
De même, sur un iPhone 15, Apple annonce que l’autonomie peut varier de 1h30 à 2h30 selon le mode de réseau utilisé.
Cette différence s’explique par plusieurs facteurs :
La conséquence directe : les utilisateurs situés dans des zones où la couverture 5G est instable observent une décharge rapide, tandis que ceux qui bénéficient d’un signal fort constatent une autonomie plus stable.
La plupart des réseaux actuels fonctionnent encore sur une architecture dite 5G NSA (Non-Standalone).
Cela signifie que le téléphone reste connecté simultanément à la 4G et à la 5G pour gérer les appels et la signalisation réseau.
Résultat : deux connexions actives en parallèle, donc une consommation doublée sur certaines tâches.
Ce mode transitoire explique pourquoi la 5G semble plus énergivore. Lorsque les opérateurs passeront totalement à la 5G SA (Standalone), le smartphone ne dépendra plus de la 4G pour établir la connexion, ce qui devrait réduire la dépense énergétique d’environ 15 à 20 %, selon des estimations publiées par Ericsson.
Les fabricants de puces ont fortement travaillé sur l’efficacité énergétique.
Le Snapdragon 8 Gen 3, par exemple, intègre un modem X75 qui réduit la consommation énergétique de 20 à 25 % par rapport à la génération précédente.
Même constat chez MediaTek, dont le Dimensity 9300 optimise la gestion radio pour adapter la puissance en temps réel selon la qualité du signal.
Cette évolution est majeure : les smartphones récents utilisent des modes intelligents capables de basculer automatiquement sur la 4G quand la 5G n’apporte aucun gain de vitesse.
Certains appareils, comme les Google Pixel 8 ou iPhone 15, gèrent même une mise en veille du module 5G dès que l’écran est éteint, limitant ainsi la consommation passive.
Toutes les activités ne sollicitent pas la 5G de la même manière.
Selon les données de Counterpoint Research, un utilisateur moyen qui passe trois heures par jour en 5G sur les réseaux sociaux ou en streaming perd jusqu’à 15 % d’autonomie quotidienne supplémentaire par rapport à une utilisation équivalente en 4G.
L’autonomie dépend avant tout de l’optimisation logicielle et de la taille de la batterie.
Un téléphone bien conçu avec un modem récent et une batterie de 5000 mAh ou plus peut tenir toute la journée, même en 5G.
À l’inverse, un modèle milieu de gamme équipé d’une puce 5G ancienne ou d’un petit accumulateur verra sa batterie chuter plus rapidement.
Voici quelques exemples :
Les différences se jouent souvent sur la gestion du modem et le refroidissement interne, qui influence indirectement la décharge énergétique.
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Un point souvent négligé : la qualité du signal.
Plus un smartphone doit chercher à capter le réseau, plus il consomme.
Dans une zone où la 5G est instable, le téléphone multiplie les tentatives de synchronisation, augmentant la consommation du modem et du processeur.
Selon une étude publiée par OpenSignal, un téléphone perd jusqu’à 30 % d’autonomie supplémentaire dans les zones à faible couverture 5G, contre seulement 5 % dans les zones bien desservies.
Il est donc préférable d’activer la 5G uniquement là où le signal est fort, notamment dans les grandes villes ou les zones bien équipées.