En Île-de-France, l’achat de tickets de métro via l’application Wallet d’Apple pourrait bientôt disparaître. Cette fonctionnalité, qui a séduit de nombreux usagers depuis les Jeux olympiques de Paris 2024, fait aujourd’hui face à des obstacles réglementaires. Une situation qui soulève des questions sur l’avenir des technologies intégrées dans les services de transport en commun.
L’essentiel à retenir
Depuis l’introduction de l’achat de titres Navigo via l’application Wallet, les usagers ont largement adopté cette solution pour sa simplicité et son efficacité. Cette innovation permet de contourner les files d’attente aux guichets, facilitant ainsi l’accès aux transports en commun pour les Franciliens.
Cependant, ce service fait désormais face à une menace réglementaire. Selon l’Autorité de régulation des transports (ART), Apple serait perçu comme un distributeur de titres de transport, ce qui pose problème en vertu de la loi de 2019 sur les services de mobilité.
La RATP et la SNCF, deux acteurs clés du transport en Île-de-France, ont saisi l’ART pour contester la position d’Apple. Ils estiment que l’intégration directe des billets dans Wallet leur porte préjudice. L’ART, en réponse, exige qu’Apple propose plusieurs vendeurs de billets et retire l’achat direct de son application.
Ce bras de fer réglementaire pourrait aboutir à la suppression de la fonctionnalité de Wallet, sauf si la loi est amendée pour clarifier le rôle d’Apple, comme le souhaite Valérie Pécresse.
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, conteste la décision de l’ART et appelle à une révision législative. Pour elle, l’application Wallet n’est qu’une solution technologique et ne doit pas être considérée comme un acteur du transport.
Un amendement allant dans ce sens a été adopté au Sénat en avril 2026 et attend désormais l’approbation de l’Assemblée nationale. La présidente de région insiste sur l’importance de cette révision pour maintenir le service que les usagers apprécient.
Cette polémique autour des tickets de métro sur iPhone s’inscrit dans un débat plus large en Europe sur l’accès aux technologies. Le règlement sur les marchés numériques (DMA) pousse déjà Apple à ouvrir ses technologies, notamment la puce NFC, pour diversifier les solutions de paiement au-delà d’Apple Pay.
Cette affaire met en lumière les tensions entre les géants technologiques comme Apple et les entreprises historiques des services publics. Alors que des solutions concurrentes comme Google Wallet se développent, l’enjeu reste de garantir un accès équitable aux services de transport, tout en préservant l’innovation technologique.
La numérisation des services de transport pose des questions sur l’équilibre entre innovation et régulation. Alors que les plateformes technologiques avancent des solutions intégrées, les acteurs traditionnels cherchent à maintenir leur influence et à protéger les données des utilisateurs.
Dans ce contexte, des acteurs comme l’Union européenne jouent un rôle central pour définir un cadre réglementaire qui assure la concurrence tout en encourageant les innovations bénéfiques pour les usagers. Le cas d’Apple à Paris pourrait être une illustration de la manière dont les régulateurs naviguent entre ces forces opposées.