La publication de OxygenOS 16 marque un moment délicat pour OnePlus. Loin de se concentrer uniquement sur les ajouts annoncés, une partie importante des utilisateurs s’interroge sur les conséquences réelles de cette version. Une mise à jour diffusée en janvier 2026, en apparence anodine, a suffi à déclencher une inquiétude persistante autour de la fiabilité des appareils concernés.
Ce climat de doute repose sur un changement interne du système qui modifie profondément la manière dont les smartphones réagissent en cas de retour vers une version précédente. Pour certains modèles, une manipulation auparavant tolérée peut désormais entraîner un blocage définitif. Une situation qui bouleverse la relation de confiance entre la marque et sa communauté.
Lors de l’annonce de OxygenOS 16, OnePlus insiste sur une évolution centrée sur la personnalisation intelligente, la gestion simultanée de plusieurs applications et une interface plus adaptable aux habitudes de chacun. Ces orientations correspondent à une demande réelle. Selon une étude menée par App Annie, les utilisateurs passent en moyenne 17 pour cent de temps en plus sur des usages multitâches qu’il y a trois ans, notamment sur les écrans de grande taille.
Dans les premiers jours, l’accueil semble globalement positif. Les retours soulignent une meilleure gestion des fenêtres, des suggestions contextuelles plus fines et une interaction plus naturelle avec le système. Pourtant, cet enthousiasme s’essouffle rapidement. Sur les forums spécialisés, les discussions changent de nature. Les ajouts visibles laissent place à des questions beaucoup plus sérieuses sur la stabilité globale après installation.
Ce glissement s’explique par des témoignages concordants. Certains utilisateurs ayant rencontré des dysfonctionnements tentent de revenir à une version antérieure, comme ils l’avaient toujours fait auparavant. Cette fois, la tentative se solde par un échec total. L’appareil ne redémarre plus, rendant toute utilisation impossible. Ce type de retour frappe les esprits bien plus fortement qu’un défaut temporaire, surtout lorsqu’il touche un téléphone récent et coûteux.
La source principale de la peur provient d’un mécanisme de protection intégré au système, basé sur Android Verified Boot avec contrôle ARB. Ce dispositif empêche l’installation d’une version du système considérée comme antérieure à celle validée par le fabricant. L’objectif est de bloquer l’exploitation de failles déjà corrigées, un enjeu réel dans un contexte où les attaques mobiles progressent.
Les chiffres confirment cette menace. D’après un rapport publié par Kaspersky, près de 45 pour cent des attaques ciblant Android exploitent des vulnérabilités connues depuis plus d’un an. Sur le papier, verrouiller le retour vers ces versions semble donc logique. Le problème ne réside pas dans l’existence de cette protection, mais dans sa mise en place.
Dans le cas de OxygenOS 16, l’activation de ce verrou s’effectue sans communication détaillée. Les notes de mise à jour évoquent des améliorations liées à la sécurité, sans préciser que toute tentative de rétrogradation devient irréversible sur certains appareils. Cette absence d’information transforme une mesure de protection en source d’angoisse, car l’utilisateur découvre les conséquences une fois le problème survenu.
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La rétrogradation n’est pas une manipulation marginale. Elle concerne une minorité, mais une minorité active et informée. Selon une enquête menée par XDA Developers, environ 8 pour cent des utilisateurs Android ont déjà tenté au moins une fois de revenir à une version précédente du système, principalement après un dysfonctionnement sérieux.
Avec OxygenOS 16, cette option disparaît brutalement sur certains modèles. Une fois la mise à jour installée, toute version antérieure est refusée par le système. Pire encore, une tentative forcée peut entraîner un blocage définitif du terminal. L’appareil ne démarre plus, ne répond plus et devient impossible à restaurer par des moyens classiques.
Ce risque change totalement la perception de la mise à jour. Un dysfonctionnement qui aurait auparavant été tolérable devient inacceptable, car il n’existe plus de solution de repli. Chaque bug potentiel prend une dimension disproportionnée. Même des problèmes rares alimentent un climat de peur généralisée, car le coût perçu est maximal.
Les signalements les plus fréquents concernent le OnePlus 13, le OnePlus 13R et le OnePlus 12. Ces appareils intègrent des composants récents, pour lesquels la protection ARB semble activée de manière plus stricte. D’autres modèles comme le OnePlus 11 ou le OnePlus Open apparaissent également dans les retours, bien que de façon moins systématique.
Selon les estimations de ventes cumulées, plus de 20 millions de smartphones OnePlus actifs pourraient recevoir OxygenOS 16 sur l’ensemble de son cycle de diffusion. Même si seuls quelques pourcents rencontrent un problème, cela représente potentiellement des dizaines de milliers d’appareils concernés. Un volume suffisant pour peser lourdement sur l’image de la marque.
L’inquiétude dépasse désormais les modèles récents. OnePlus continue de diffuser des correctifs vers des appareils plus anciens, parfois équipés de puces différentes. Certains utilisateurs redoutent que ces mises à jour activent à leur tour des protections similaires. Or, selon Statista, près de 54 pour cent des smartphones Android utilisés aujourd’hui ont plus de deux ans. Cette population se montre particulièrement sensible à ce type de risque.
Un point revient constamment dans les échanges entre utilisateurs. Le manque de clarté. OnePlus n’a pas détaillé publiquement les conséquences exactes de l’activation du verrou de sécurité. Cette discrétion alimente les hypothèses et renforce la peur, même chez ceux qui n’ont rencontré aucun problème.
Les études sur la relation client sont formelles. Selon PwC, 73 pour cent des consommateurs déclarent perdre confiance lorsqu’une marque ne communique pas clairement sur les changements importants. Dans le cas présent, l’absence d’explication précise laisse penser que la marque minimise volontairement les risques, même si ce n’est pas nécessairement le cas.
Cette situation tranche avec l’image historique de OnePlus. La marque s’est longtemps appuyée sur une communauté impliquée, habituée à comprendre les choix internes. En rompant ce dialogue implicite, OxygenOS 16 devient un symbole de distance, là où la proximité faisait partie de l’identité initiale.