Depuis plus de quinze ans, Apple et Samsung se livrent une bataille industrielle et commerciale sans relâche. Pourtant, derrière cette rivalité apparente, les deux groupes entretiennent une relation technologique étroite, notamment dans la fabrication de composants avancés. À l’approche de l’iPhone 18, attendu pour 2026, de nombreux signaux laissent penser qu’Apple pourrait renforcer encore davantage ses liens techniques avec son concurrent sud-coréen afin de repousser plusieurs verrous matériels.
Écrans pliables, luminosité extrême, capteurs photo nouvelle génération, procédés industriels avancés : Samsung dispose aujourd’hui d’une avance mesurable dans plusieurs domaines stratégiques. Pour Apple, s’en inspirer ne relèverait pas d’un renoncement, mais d’un choix industriel rationnel, orienté vers la qualité, la fiabilité et la montée en gamme.
Le marché des écrans pliables constitue l’un des domaines où Samsung affiche une supériorité industrielle nette. Sa filiale Samsung Display détient environ 67 % du marché mondial des dalles OLED pliables en 2025, selon les données de Display Supply Chain Consultants. Aucun autre acteur ne dépasse actuellement les 15 %.
Cette domination repose sur plus de dix années de recherche et plusieurs milliards de dollars investis dans l’amélioration des matériaux, des substrats flexibles et des couches d’encapsulation. Samsung a ainsi réussi à réduire progressivement la visibilité de la pliure centrale, longtemps considérée comme le principal défaut des écrans pliants.
Les derniers prototypes testés en laboratoire affichent une profondeur de pliure inférieure à 20 micromètres, contre plus de 100 micromètres sur les premières générations. Cette avancée permet d’obtenir une surface quasiment plane, même sous forte luminosité.
Samsung excelle également dans les écrans à ultra-haute luminosité. Les dernières générations de dalles OLED atteignent désormais 2 600 à 3 000 nits en pic HDR, contre environ 2 000 nits pour les écrans actuels d’Apple.
Cette réserve lumineuse présente plusieurs avantages :
Pour un futur iPhone 18, cette technologie permettrait de franchir un cap décisif, notamment pour un éventuel modèle pliable premium, où la gestion de la luminosité constitue un défi majeur.
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Historiquement, Apple s’appuie principalement sur Sony pour ses capteurs photo. Ce partenariat lui a permis d’obtenir des résultats solides, mais Samsung a progressivement comblé son retard, puis pris l’ascendant dans plusieurs segments.
En 2025, Samsung domine désormais le marché des capteurs photo de très haute définition, avec des modèles atteignant 200 Mpx, tout en conservant une excellente gestion du bruit électronique. Cette expertise pourrait permettre à Apple de revoir profondément son approche photographique.
Pourquoi le 48 Mpx Samsung attire l’attention
Les derniers capteurs 48 Mpx de Samsung affichent :
Ces progrès s’expliquent par des innovations dans l’architecture même du capteur, notamment la séparation plus efficace des circuits de lecture et des photodiodes, ce qui améliore la sensibilité sans augmenter la consommation.
Pour l’iPhone 18, cela pourrait se traduire par :
Selon Counterpoint Research, 71 % des utilisateurs premium citent la qualité photo comme critère d’achat prioritaire, devant la puissance ou le design. Dans ce contexte, Apple ne peut ignorer les avancées rapides de Samsung.
Produire des centaines de millions de composants haut de gamme impose une rigueur industrielle extrême. Sur ce terrain, Samsung dispose d’un avantage structurel majeur grâce à sa maîtrise complète de la chaîne de production, de la conception jusqu’à l’assemblage.
En 2025, Samsung Display et Samsung Semiconductor ont livré plus de 1,2 milliard de composants optoélectroniques à l’ensemble du marché mondial, avec un taux de défaut inférieur à 0,3 %, un niveau rarement atteint à une telle échelle.
Samsung exploite plus de 90 lignes de production automatisées, capables de produire simultanément :
Cette organisation industrielle permet :
Pour Apple, cette fiabilité constitue un atout stratégique. La firme de Cupertino produit plus de 230 millions d’iPhone par an, et toute instabilité industrielle entraîne des retards coûteux. Samsung offre donc une garantie de régularité et de précision difficilement égalable.
L’évolution des matériaux constitue un autre terrain où Samsung affiche une avance mesurable. Depuis plusieurs années, le groupe sud-coréen développe des verres ultra-fins, des alliages métalliques renforcés et des traitements de surface optimisés pour la résistance mécanique et thermique.
Les écrans pliables reposent sur des couches de verre inférieures à 30 micromètres d’épaisseur, tout en conservant une résistance à la flexion dépassant 200 000 cycles. Samsung a perfectionné ces substrats grâce à des procédés chimiques de trempe avancée.
Côté châssis, les alliages de titane et d’aluminium développés par Samsung présentent :
Pour l’iPhone 18, ces avancées pourraient permettre :
Autant de paramètres qui influencent directement le confort d’utilisation et la longévité des appareils.
S’inspirer de Samsung ne signifie pas renoncer à l’identité Apple. Il s’agit au contraire d’intégrer les meilleures briques industrielles pour maintenir un positionnement premium.
Les études de marché montrent que les utilisateurs attendent désormais :
En 2025, 63 % des acheteurs premium considèrent que l’innovation matérielle progresse trop lentement, selon une enquête menée par Deloitte sur 15 marchés majeurs. Ce sentiment pèse particulièrement sur Apple, souvent perçue comme conservatrice sur certains aspects techniques.
S’appuyer davantage sur Samsung permettrait également à Apple de diversifier sa chaîne d’approvisionnement, historiquement très dépendante de quelques partenaires majeurs. Cette diversification réduit :
Dans un contexte de volatilité industrielle mondiale, cette stratégie constitue un filet de sécurité non négligeable.