Chaque téléphone émet des ondes électromagnétiques lorsqu’il communique avec les antennes-relais. Ce phénomène, invisible et souvent négligé, est encadré par une mesure précise : le DAS, ou débit d’absorption spécifique.
Il évalue la quantité d’énergie absorbée par les tissus humains lorsqu’ils sont exposés à ces émissions radio.
En Europe, des valeurs limites ont été fixées pour garantir que l’utilisation d’un smartphone reste sans danger pour la santé. Pourtant, peu d’utilisateurs savent quelles sont exactement ces limites, comment elles sont calculées et surtout ce qu’elles signifient réellement.
Depuis 1999, la Commission européenne applique les recommandations de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP).
Ces recommandations fixent les valeurs maximales suivantes :
Ces limites ont été établies après des décennies d’études sur les effets thermiques des ondes radio.
Elles intègrent une marge de sécurité d’environ 50 fois inférieure au seuil où des effets biologiques ont été observés.
Autrement dit, les valeurs autorisées restent très en dessous des niveaux susceptibles d’altérer les cellules.
📊 Selon l’Agence nationale des fréquences (ANFR), plus de 95 % des téléphones vendus en France affichent un DAS tête inférieur à 1 W/kg, bien loin de la limite fixée à 2 W/kg.
Ces chiffres confirment que la majorité des modèles disponibles sur le marché européen respectent largement les exigences.
Beaucoup d’utilisateurs remarquent que le même modèle de téléphone affiche deux chiffres de DAS différents selon la région du monde.
Cette différence ne vient pas du téléphone lui-même, mais de la méthode de calcul.
Cette distinction explique pourquoi un smartphone conforme en Europe peut sembler “plus émissif” aux États-Unis.
En réalité, les deux normes sont tout aussi protectrices : elles partent du même principe, mais la surface moyenne considérée n’est pas la même.
Avant sa mise sur le marché, chaque modèle de smartphone doit être testé en laboratoire pour vérifier sa conformité.
Ces tests reproduisent différentes conditions d’usage : téléphone collé à l’oreille, porté dans la poche ou utilisé en main pour la navigation.
L’Agence nationale des fréquences (ANFR), en France, est chargée de contrôler les appareils déjà commercialisés.
Chaque année, elle effectue plusieurs centaines de mesures sur des téléphones prélevés au hasard dans les points de vente.
En 2024, sur environ 180 modèles testés, 11 % ont nécessité une mise à jour logicielle pour réduire leur puissance d’émission.
Les marques concernées doivent alors corriger le problème sous peine de retrait temporaire du marché.
Ces contrôles garantissent que les valeurs affichées par les fabricants correspondent bien à la réalité d’utilisation.
A LIRE AUSSI Quel est le niveau de DAS acceptable pour un smartphone ?
Lorsqu’un modèle dépasse le seuil réglementaire, l’ANFR en informe immédiatement le constructeur.
Deux scénarios sont alors possibles :
En 2023, plusieurs téléphones de marques connues ont temporairement été suspendus pour ce motif, avant d’être corrigés.
Ces mesures illustrent la rigueur du contrôle européen, dont le but n’est pas de sanctionner, mais d’assurer la conformité continue des produits.